Atlantide sous les eaux
Préhistoire

Chimérique Atlantide

Il est bien établi aujourd’hui par la communauté scientifique qu’il n’existe qu’une vision possible de l’évolution de l’Homme et de ses sociétés. Depuis son ancêtre simiesque, l’Homme a développé ses savoir-faire jusqu’à faire naître les grandes civilisations de l’Antiquité vers 3500 avant J.C. : d’abord en Mésopotamie, puis en Egypte, etc. Petite sœur de la civilisation, l’Histoire naît avec l’apparition de l’écriture. Puis se sont déroulés des siècles de progrès qui ont peu à peu mené l’Homme vers la civilisation développée et hautement technologique que nous connaissons aujourd’hui.

Voilà l’Histoire de l’Homme telle qu’elle est communément admise par le plus grand nombre, que ce soit par les scientifiques eux-mêmes ou par le public, érudit ou moins érudit. Pourtant, depuis le début même de la recherche scientifique, vers le milieu du XIXème siècle, des voix discordantes se sont élevées, même parmi la communauté scientifique, mettant en exergue ce que la science ne pouvait expliquer.

Göbekli Tepe

Ces « hérétiques » s’opposaient à cette vision linéaire de l’évolution humaine et voyaient dans certains sites archéologiques de la plus haute antiquité et nombre d’écrits anciens les témoignages d’une civilisation avancée qui se serait développée à la fin de ce que nous nommons le Paléolithique et qui aurait disparu avant même que le Néolithique ne commence, soit entre environ 12 000 et 10 000 avant J.C. Pour eux, les civilisations antiques seraient les héritières d’un savoir plus ancien qui leur aurait été transmis par les survivants de cette civilisation.

Ces scientifiques déviants se basaient sur la lecture de certains ouvrages de Platon (Timée et Critias) pour nommer cette civilisation pré-historique « l’Atlantide ». Nous parlons aujourd’hui du mythe de l’Atlantide pour désigner cette théorie qui n’a jamais cessé d’avoir des partisans depuis qu’elle a été énoncée. Une abondante littérature en a découlé et certains personnages peu recommandables se sont servis de cette théorie d’un monde disparu pour servir leurs idéologies nauséabondes : Adolf Hitler affirmait ainsi la supériorité de la race aryenne en prétendant qu’elle descendait des Atlantes. Depuis une quarantaine d’années, le mouvement New Age s’est à son tour emparé de ce mythe et l’on voit fleurir dans cette mouvance les théories les plus farfelues, donnant naissance à des romans divertissants ou prenant le visage inquiétant de manipulations mentales entreprises par des mouvements sectaires peu recommandables.

Disque de Sabu conservé au Musée du Caire,
retrouvé dans une tombe de la première dynastie des pharaons égyptiens, daté d’au moins 5 000 ans

Avec les progrès de la science et les nouvelles possibilités de recherches qu’offrent les technologies dont nous disposons actuellement, il devient néanmoins évident que certains pans de la recherche ont été ignorés car incompris, au profit de ce qui était d’accès plus simple. Ce qui ne « collait pas » avec la théorie dominante et reconnue par tous était simplement écarté et allait s’endormir sous la poussière des réserves d’un musée.

Il serait bon aujourd’hui que les tenants des deux camps se rencontrent afin d’aplanir les connaissances au sujet du mythe d’une civilisation disparue. Chaque camp émet des hypothèses qu’il faudrait analyser à la lumière des sources dont dispose ce mythe : témoins archéologiques et écrits anciens. Il est peu probable que des réponses définitives pourraient être apportées car la science contient en elle-même l’impossibilité d’émettre une vérité : elle a pour principe de base de sans cesse remettre en question les connaissances dont dispose l’Homme. Les « vérités » qu’elle énonce ne peuvent donc qu’être éphémères puisque faisant déjà l’objet d’une nouvelle recherche se basant sur les résultats obtenus. Telle une armée, la recherche scientifique est perpétuellement en marche, ne se reposant jamais sur ses lauriers, ayant toujours de nouveaux territoires à conquérir.

Il serait sans doute fructueux de faire se rencontrer les deux camps dans le cadre d’une recherche, par l’intermédiaire de la confrontation de leurs théories. Une première approche des différents points de vue sur le sujet produirait sans conteste un certain nombre de questions :

  • Où se situerait cette civilisation hypothétique disparue ?
  • Comment aurait-elle disparu ?
  • Des survivants auraient-ils pu transmettre leurs connaissances ?
  • Les sites archéologiques les plus anciens ont-ils pu être bâtis sans aucune technologie avancée ?
  • Les sites archéologiques les plus anciens pourraient-ils être les derniers vestiges épargnés d’une civilisation dont tout autre témoignage aurait disparu ?
  • Les sites archéologiques les plus anciens pourraient-ils avoir eu des rapports entre eux, impliquant l’existence d’une civilisation ancienne géographiquement très étendue ?
  • Les récits évoquant un monde ancien ne sont-ils que des mythes ou contiennent-ils une part de vérité ?

Reprenons chaque interrogation :

Où se situerait cette civilisation hypothétique disparue ?

Plusieurs réponses possibles ont été apportées à cette question : certains situent l’Atlantide en Méditerranée, d’autres dans l’Atlantique, d’autres encore en Antarctique ou dans d’autres lieux de la planète.

Comment aurait-elle disparu ?

Certains envisagent la possibilité d’une météorite engendrant un cataclysme mondial. D’autres parlent d’un mouvement des plaques tectoniques. D’autres encore supposent l’explosion d’un immense volcan. Ne faudrait-il simplement pas mettre en cause le réchauffement climatique qui provoqua une montée des eaux et par conséquent un recul des territoires disponibles à cette époque ?

Des survivants auraient-ils pu transmettre leurs connaissances ?

Des survivants ont-ils pu essaimer à la surface de la planète et se rendre dans des parties du globe habitées par des cultures moins avancées afin de poursuivre leur existence ? Seraient-ils les Dieux porteurs de savoirs dont parlent les différentes mythologies sur toute la planète ?

Les sites archéologiques les plus anciens ont-ils pu être bâtis sans aucune technologie avancée ?

Dans les sites archéologiques les plus anciens se rencontrent d’énormes blocs de pierre dont les ingénieurs actuels se demandent comment ils ont été assemblés. La grande pyramide de Chéops peut-elle avoir été construite avec seulement un burin de cuivre et un pilon de pierre ?

Les sites archéologiques les plus anciens pourraient-ils être les derniers vestiges épargnés d’une civilisation dont tout autre témoignage aurait disparu ?

Dans le cas de la disparition d’une civilisation entière, qu’en perdurerait-il et combien de temps ?

Les sites archéologiques les plus anciens pourraient-ils avoir eu des rapports entre eux, impliquant l’existence d’une civilisation ancienne géographiquement très étendue ?

Il a été constaté de nombreuses similitudes sur des vestiges archéologiques situés à des milliers de kilomètres les uns des autres. S’agit-il de coïncidences ou d’une culture commune ?

Les récits évoquant un monde ancien ne sont-ils que des mythes ou contiennent-ils une part de vérité ?

De nombreux récits nous parlent d’un Déluge ou de la venue de mystérieux visiteurs. Sont-ils à regarder comme des témoignages ou ne sont-ils là que pour servir une idéologie ?

CONCLUSION

Le but d’une telle recherche serait de confronter les preuves de l’existence d’une civilisation disparue aux preuves de son inexistence afin de dégager un schéma général de la connaissance concernant ce domaine. Cela constituerait le fil directeur du travail. Il ne s’agirait pas de confirmer ou d’infirmer l’une ou l’autre des hypothèses existantes mais de constituer un pont entre deux modes de pensée qui se valent l’un l’autre pour autant qu’ils se basent sur une recherche rigoureuse. Sans doute le chercheur aurait-il, à l’issue de ce travail, un penchant personnel pour l’un ou l’autre camp. Il conviendrait alors d’argumenter la réflexion afin de mettre en lumière ce qui l’aurait convaincu lors de cette mise en perspective.

Et si je me lançais dans ce travail, seriez-vous prêts à me suivre dans une telle aventure ?

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