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Moyen Age

Guédelon : bâtir au passé pour l’avenir

Michel Guyot au château de Saint-Fargeau

En 1994 germe une idée un peu folle dans l’esprit de Michel Guyot que l’on connaît déjà bien pour être, avec son frère, un « sauveur » de châteaux : bâtir un château-fort avec les techniques, l’outillage et les matériaux utilisés au Moyen Age.

L’aventure de Michel et Jacques Guyot dans le domaine de la restauration de châteaux a débuté à la fin des années 1970. La trentaine à peine atteinte et sans un sou vaillant, les deux frères, héros des temps modernes, se lancent à l’assaut du château de Saint-Fargeau, ancienne résidence de la Grande Mademoiselle, cousine de Louis XIV. L’altier bâtiment est alors dans un état de délabrement avancé. Qu’à cela ne tienne, à cœur vaillant, rien d’impossible ! Les frères Guyot se retroussent les manches et, à l’aide de bénévoles, redonnent au château son lustre d’antan. Le domaine accueille aujourd’hui des milliers de visiteurs et propose un spectacle historique auquel ont déjà assisté plus d’un million de spectateurs.

D’autres châteaux suivront et seront à leur tour sauvés de la ruine par les deux frères, parmi lesquels La Ferté-Saint-Aubin en Sologne, Bridoire en Dordogne ou Arrabloy dans le Loiret. Leurs enfants ayant à leur tour attrapé le virus de la restauration de bâtiments anciens, c’est toute une famille qui s’est donné pour tâche de relever de la ruine le plus grand nombre de demeures possible.

Mais la plus grande aventure de Michel Guyot est peut-être celle de Guédelon. A quelques kilomètres de Saint-Fargeau, dans cette région de la Puisaye où l’écrivain Colette a passé les heures heureuses de son enfance, Michel Guyot a acquis un terrain se situant au sommet d’une légère éminence, lieu d’une ancienne carrière désaffectée de grès ferrugineux et à proximité d’une forêt.

Guédelon en 1997

La première pierre est posée en 1997. Le projet obtient un financement entre autres de la part de l’Union européenne, de la région Bourgogne, d’EDF et même d’un particulier suisse. 35 ouvriers sont d’abord recrutés, parmi lesquels des maçons et des charpentiers, mais aussi des personnes non qualifiées qui seront formées sur le terrain. Le projet se veut aussi lieu d’insertion professionnelle. Des bénévoles ponctuels viennent aussi apporter leur aide. Dès la première année, le site accueille 80 000 visiteurs.

L’objectif est de bâtir un château-fort selon les techniques du XIIIe siècle, époque de Philippe-Auguste et de l’architecture dite « philippienne ». Ici, pas de camions, pas de grues, pas de bruits de moteur. Les ouvriers eux-mêmes sont en habit d’époque et sont priés d’aller se dissimuler derrière des buissons s’ils souhaitent fumer une cigarette, habitude qui n’existait pas au XIIIe siècle. Tout doit être fait pour donner l’impression au visiteur qu’il entre sur un chantier au Moyen Age.

Mais Guédelon n’est pas qu’une simple attraction touristique, et ce n’est d’ailleurs pas son premier objectif. Il vise surtout à permettre à l’archéologie expérimentale de vérifier ses théories quant à l’architecture médiévale et ses techniques de construction ainsi qu’à offrir aux visiteurs du futur la reconstitution fidèle d’un château-fort alors que les modèles datant du Moyen Age sont pour la plupart détruits ou en ruine.

Carriers, tailleurs de pierre, charpentiers, bûcherons, maçons, mais aussi forgerons, tuiliers, vanniers et cordiers, voici les différents corps de métier que l’on rencontrera sur le chantier. Tous ont dû oublier les techniques modernes et s’armer d’outils conformes à ce qui était utilisé au Moyen Age.

Autour d’eux gravitent, outre Michel Guyot, une directrice de chantier, un architecte des Monuments Historiques et un maître d’oeuvre. Ils font appel à un conseil scientifique composé d’historiens et d’archéologues médiévistes.

Guédelon en 2010

En 2001, le périmètre bâti s’élevait déjà à 3 mètres de hauteur. Le logis seigneurial est débuté en 2003, reçoit sa charpente en 2010 et sa couverture en 2011. L’ensemble du château-fort est prévu pour être terminé en 2025, ce qui vous laisse encore quelques années pour visiter le chantier.

Guédelon en 2019

Nul doute que Michel Guyot a déjà un nouveau projet en tête. On a hâte de le connaître !

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